Festival Bruxelles Babel 2021, ou comment s’offrir un voyage dans le temps sans DeLorean ni plutonium !

Pour cette 35e édition du Festival Bruxelles Babel, plus de 120 jeunes, de tous horizons, ont revisité les codes des années 90 et ont exploré l’adolescence de leurs parents, lors d’une exposition audiovisuelle au Centre Tour à Plomb.

Cela devait être, comme chaque année, un grand spectacle pluridisciplinaire mais, crise sanitaire oblige, le Festival Bruxelles Babel s’est adapté pour continuer à porter la parole des jeunes. Intitulé "Retour vers les 90’s", l’installation a rassemblé les créations de 120 jeunes qui ont fait renaître, à travers différentes capsules vidéos, les phénomènes culturels, artistiques mais aussi sociaux de cette décennie plutôt foisonnante. Théâtre, musique, danse, vidéo ou arts plastiques, toutes les formes artistiques ont été mises à leur disposition pour leur permettre d’exprimer leur vision des 90’s et de scruter le passé pour mieux interroger leur futur.

Le parcours de l’exposition, divisé en différentes salles, retraçait les années 90 sous plusieurs prismes. En marge des mouvements artistiques de l’époque, les vidéos exploraient des drames marquants comme le génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994. Certains jeunes ont, quant à eux, choisi de se remémorer la Marche blanche , organisée à Bruxelles, en 1996, à la suite de l’affaire Dutroux. Se pencher sur la libération de Nelson Mandela en 1990 a permis à d’autres jeunes de faire le lien entre l’apartheid d’antan, en Afrique du Sud, et les mécanismes racistes toujours bien présents dans nos contrées aujourd’hui. Nos jeunes musiciens et chanteurs ont choisi de tourner un clip qui revisite le titre culte des Cranberries, Zombie qui aborde le conflit nord-irlandais.

En hommage aux années 90 qui ont fait les beaux jours du hip-hop, nos jeunes danseuses ont réinterprété les mouvements nineties sur des grands classiques comme le fameux "Can’t Touch This" de MC Hammer. Hip-hop et breakdance ont côtoyé le beatmaking, générant des clips musicaux originaux. Certains jeunes ont, par ailleurs, travaillé avec un artiste pochoiriste pour réaliser des pochettes de vinyles. D’autres ont ressuscité les Tontons du Bled pour évoquer les périples d’une famille prenant la route pour passer l’été au Maghreb. Alors que certains groupes se sont penchés sur les objets des années 90 (cabines téléphoniques, bracelets brésiliens, sacs bananes, cassettes VHS), d’autres ont adopté des expressions comme « à donf de la mort du tue » ou « mega, giga ».

Une exposition forte où le rire et la joie se sont mélangés à la nostalgie et aux regrets. Une expo où les moments forts des années 90, mis en scène avec beaucoup de talent et énormément de sensibilité, ont défilé avec humour, dérision mais aussi avec considération et respect.

Une expo touchante, drôle, profonde et émouvante où le regard des jeunes s’est révélé lucide et interpellant. Une nouvelle preuve que la culture reste in-dis-pen-sable (pour ne pas dire essentielle) pour développer et construire encore le « vivre ensemble » à Bruxelles.

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